A propos Olivier Mamavi

Directeur des données chez Management & Data Science et enseignant-chercheur en intelligence économique

Pourquoi répondre à la commande publique?

La commande publique représente en France plus de 200 milliards d’euros d’achats par an et est désormais plus facilement accessible à toutes les entreprises.

Les appels d’offres publics sont une source de business considérable pour développer votre chiffres d’affaires et un bon moyen d’élargir votre notoriété.

Avantage important : vous êtes assurés d’être payés … en principe sous 30 jours maximum (50 jours pour les établissements hospitaliers) et vous pouvez percevoir une avance.

Vous êtes une TPE ou une PME et pensez être trop petit pour répondre à des appels d’offres ? La réponse en groupement d’entreprises est autorisée ! Un marché qui vous intéresse est donc une bonne opportunité pour nouer des partenariats et étendre vos perspectives.

Enfin, sachez que certains marchés sont réservés à des fournisseurs ou prestataires qui emploient 50 % de travailleurs handicapés ou défavorisés.

Doit-on prévoir ou prédire l’attribution d’un marché?

Une prédiction repose sur une loi mathématique qui permet de déterminer l’apparition de façon certaine d’un événement (exemple : la rotation des planète autour de la terre). C’est donc inférer l’inconnue Y en fonction de X en connaissant le lien entre X et Y tel que

Y = f(X)

Une prévision repose sur une loi de probabilité qui permet de calculer l’occurrence d’un événement (par exemple ; la météo). Il s’agit donc de calculer la probabilité en fonction d’événements précédents tel que

P(Yt+1) = f(Yt, Yt-1, … Yt-n)

Le big data privilégie la prévision, car calculer une prévision est plus rapide et moins coûteux que de trouver une prédiction !

Qu’est-ce que l’open data?

Initié aux USA et en Angleterre en 2009, le mouvement de l’open data consiste pour une organisation a rendre accessible certaines de ses données (transports, météo, santé, marchés publics,…) pour qu’elles soient réutilisables par des entreprises ou des citoyens (Simón et al., 2014). Au delà des enjeux sur la transparence de l’action publique, l’ouverture des données peut être une source d’innovation importante en favorisant,  par exemple,  l’interconnexion (Streeter et al., 1996) ou l’utilisation des compétences d’une foule – crowdsourcing (Lebraty et Lobre, 2010).

A la différence de l’open source (Gosain, 2003) ou du big data (Wamba et al., 2015), le mouvement de l’open data se distinguent très nettement des autres concepts issues des nouvelles façons de produire et de partager de l’information. En effet, l’open source visent à fournir des applications tandis que l’open data cherche à exploiter des données (Lobre & Lebraty, 2012). Cependant, pour rendre les données, souvent massives, accessibles à tous, elles doivent être transcrites dans un format connu et facilement manipulable.

Plusieurs mesures ont été prises pour améliorer la qualité, l’accès, la documentation et l’échange de données (Davies, 2010 et Yu et Robinson 2012). Toutefois, il reste encore de nombreux défis à relever: adoption et l’utilisation des normes, outils et infrastructures pertinentes, formation du personnel, gestion du changement…

Selon McKinsey, la valeur annuelle de l’open data se situe entre 3 220 et 5 290 milliards de dollars. A titre de comparaison, le PIB de l’Allemagne, 4e puissance mondiale est de 3 747 milliards. Tous les secteurs économiques sont concernés et les opportunités en termes d’amélioration de performance concernent à la fois la productivité et les revenus : trouver de nouveaux clients, améliorer le marketing mix, réduire les coûts marketing, concevoir de nouvelles offres .

En France, l’utilisation de l’open data se développe très rapidement depuis quelques années. L’État met à disposition ses données (www.data.gouv.fr), des start-up construisent des services sur la base de données ouvertes (Data-publica) et des acteurs historiques ouvrent leurs données à leur écosystème (SNCF, Orange).

Pourquoi les réseaux influencent l’activité économique?

La structure sociale, plus particulièrement la forme des réseaux sociaux, affecte l’activité économique pour trois raisons principales.

D’une part, les réseaux sociaux influencent les flux et la qualité de l’information. L’essentiel de l’information est subtil, nuancé et difficile à vérifier. Cela conduit les acteurs à ne pas croire aux sources impersonnelles d’information et à faire confiance à des personnes qu’ils connaissent.

D’autre part, les réseaux sociaux sont une source importante de récompenses et de sanctions, qui ont souvent un impact d’autant plus important qu’elles proviennent d’individus personnellement connus.

Enfin, la confiance, qui se définit comme l’assurance que les autres feront la chose « juste » en dépit d’une claire incitation à faire le contraire, émerge, lorsqu’elle le fait, dans le cadre d’un réseau social.

Comment se passe la clôture d’une passation de marché?

Tout candidat écarté à l’issue de la procédure de choix, possède un droit à l’information, qui est différent selon le type de procédure.

A défaut d’offre, ou lorsque l’acheteur n’a reçu que des offres non conformes le marché est déclaré infructueux. L’acheteur aura alors la possibilité de relancer le marché soit sous sa forme initiale, avec quelques modifications le cas échéant. une procédure peut également être déclarée sans suite (à tout moment) pour des motifs d’intérêt général. Dans ce cas, les candidats en sont également informés.

Après le délai de recours, l’acheteur public signe puis notifie le marché au candidat retenu. L’exécution du marché peut alors commencer selon les termes fixés dans le contrat.

Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, l’acheteur public doit publier un avis d’attribution dans les mêmes organes de presse que l’avis initial de publicité, dans un délai de 48 jours à compter de la notification du marché. Cet avis comprend notamment les informations suivantes :

  • nom de l’acheteur public,
  • objet du marché,
  • nom de l’attributaire,
  • montant de l’offre retenue.

Comment se passe l’analyse des offres reçues?

Une fois la date et l’heure limite de réception des offres dépassées, l’acheteur public peut procéder à l’ouverture des plis. Celle-ci n’est pas publique et les candidats n’y sont pas admis. Seuls peuvent être ouverts les plis qui ont été reçus au plus tard à la date et à l’heure limite annoncées dans l’avis de publicité ou le Règlement de la Consultation.

L’acheteur public procède à l’analyse des offres en 2 étapes successives :

  1. La sélection des candidatures : l’acheteur public examine la recevabilité juridique des candidatures et les capacités professionnelles, techniques et financières des candidats.
  2. Le jugement des offres : l’acheteur public vérifie la conformité des offres (au regard des besoins exprimés dans le cahier des charges) puis procède à l’analyse comparative des offres conformes au regard des critères de jugement des offres énoncés dans le Règlement de la Consultation ou l’avis de publicité (et de leurs modalités de mise en œuvre : pondération, sous-critères, etc.).

A l’issue de l’analyse des offres, les offres recevables sont classées dans un rapport d’analyse des offres. L’offre la mieux classée est retenue à titre provisoire comme offre économiquement la plus avantageuse. L’acheteur public doit alors vérifier la situation fiscale et sociale de l’attributaire.

 

Comment construire la réponse et rédiger le mémoire technique?

Le mémoire technique reflète la réponse que vous apporterez au besoin de l’acheteur public. Il revêt donc un caractère essentiel puisqu’il sert de base à l’analyse des offres par l’acheteur sur le ou les critères « techniques ». Dans la pratique, le mémoire technique comprend :

  • Présentation générale de l’entreprise (organisation, moyens humains et matériels, certifications et références, politique environnementale et sociale) en mettant en avant vos avantages concurrentiels.
  • Les caractéristiques de l’offre ( Les moyens humains et matériels spécifiquement dédiés à l’opération, la méthodologie adoptée pour l’exécution des différentes tâches, les moyens de sous-traitance mis en place, les contraintes spécifiques et la réponse proposée, les dispositions prises pour respecter les exigences du cahier des charges et les délais, les solutions techniques retenues, les fiches techniques, la gestion du service après-vente, les garanties, le planning prévisionnel et le chemin critique, la description des variantes éventuelles).